Pierre Hode par François Lespinasse

Ecole de Rouen
par François Lespinasse

Catalogue de l’exposition présentée à la maison Grognard à Rueil-Malmaison du 21 janvier au 18 avril 2011. Poursuivant l’histoire de la peinture le long de la Seine, dans la continuité de l’exposition organisée en 2009, la ville de Rueil présente, à l’Atelier Grognard, les oeuvres des peintres impressionnistes et post impressionnistes qui ont formé l’école de Rouen. Avec près de cent tableaux, l’exposition, dont le présent catalogue rend compte, apporte un nouvel éclairage sur l’ensemble de ces peintres, qui réussirent à exprimer leur attachement pour leur terre natale mais également à capter si particulière des bords de Seine. Cette exposition bénéficie des prêts du musée des Beaux Arts de Rouen, du musée de Louviers, du musée du Havre, du musée de Draguignan, de la collection Peindre en Normandie, mais aussi d’oeuvres issues de collections particulières exposées, pour la plupart, pour la 1e fois.

Rouen sous la IIIe République
par Loïc Vadelorge

Le propos de ce livre est de montrer ce que la vie culturelle d’une grande ville de province doit à la IIIe République. Cette période voit en effet s’affirmer conjointement les premières formes de politiques culturelles publiques, l’essor du secteur associatif et la mise en place d’un marché des loisirs. Le paysage culturel qui s’esquisse ici relève d’une prodigieuse complexité. Le politique entremêle l’État, le département, les grandes villes mais aussi les communes de banlieue. L’associatif, structuré bien avant la loi de 1901, relaye. et hiérarchise la demande sociale. Les industries culturelles enfin établissent leur légitimité au sein des anciens mondes de l’art. Au-delà de l’analyse approfondie de ces structures culturelles, l’ouvrage entend aussi s’interroger sur les débats qui agitent la sphère locale entre 1870 et 1940. Trois sont ici étudiés, qui donnent la mesure de la distance qui sépare cette époque de la nôtre. Le premier, classique pour l’époque, oppose l’Église et l’État, de part et d’autre de la loi de Séparation de 1905. Second débat, tout aussi classique, celui qui oppose culture populaire et culture savante. Ville académique, Rouen s’évertue à préserver son rang artistique et les processus de distinction qui permettent à la bourgeoisie d’exercer une véritable hégémonie culturelle sur la cité. Reste que l’impératif de démocratisation de la culture court d’un bout à l’autre de la période, des universités populaires de 1900 aux espoirs, localement déçus, de 1936. L’histoire de la banlieue éclaire ici l’histoire locale révélant des clivages toujours vivants entre les communes.

Tabellions et tabellionages de la France médiévale et moderne
par Mathieu Arnoux, Olivier Guyotjeannin

Rouage essentiel de la production documentaire à compter de la fin du XIIIe siècle, le tabellion, par-delà la diversité lexicale, les variantes régionales, les nuances institutionnelles, l’inégale implication dans le travail d’écriture, offre le visage d’un passeur culturel et d’un médiateur social actif. Il est paradoxalement peu étudié, alors que le notaire public jouit depuis longtemps d’un beau crédit historiographique. Originellement transparent à sa production, il prend vie au travers de ses registres — encore faut-il que ceux-ci, mal inventoriés, objets de trouvailles heureuses mais silencieuses, nous soient parvenus par la grâce d’une conservation très mal partagée.

Étudier le tabellion n’est pas seulement l’occasion de poursuivre un chapitre de l’histoire de l’acte privé dans la France médiévale, mais aussi moderne où l’on oublie souvent sa figure rustique, ni de lancer un inventaire précis de vestiges documentaires qui, d’un coup, jettent une lumière vive sur de petits mondes ; c’est encore l’occasion d’ouvrir une indispensable enquête sur l’économie de la production d’écrits authentiques, sur l’encadrement de celle-ci par le pouvoir, sur la circulation des modèles, des formules et des hommes.

Loin de pouvoir proposer des inventaires exhaustifs et un traitement global, les vingt-et-une contributions ici publiées, issues de deux réunions successives, entendent ouvrir des voies, qui confirment la place essentielle mais pas exclusive du tabellion, l’originalité de sa figure et la variété des solutions alternatives comme la rudesse des concurrences, la richesse et la complexité des registres conservés, l’enracinement dans le contexte local et l’ouverture aux grandes novations diplomatiques du temps, la routine des travaux quotidiens et le rôle souterrain dans l’inflexion des règles juridiques.


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